Risque sécheresse en France : pourquoi les situations de stress hydrique sont-elles de plus en plus fréquentes ?

Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale vit en situation de stress hydrique. Et notre pays n’est pas épargné. Avec le réchauffement climatique, le risque sécheresse en France se fait de plus en plus pressant.


Plus de 2 000 milliards de m3 d’eau souterraine. Un réseau de nappes phréatiques et d’eaux de surface particulièrement dense. Et 175 milliards de m3 d’eau de pluie pour l’alimenter chaque année. Sur le papier, notre pays ne devrait pas manquer d’eau.

Pourtant, le risque sécheresse en France est aujourd’hui une réalité. En 2019, treize départements ont subi des ruptures d’approvisionnement de longue durée — jusqu’à 100 jours pour certains —, sur des portions étendues de leur territoire — la moitié de la Creuse, par exemple.

Selon les prévisions publiées en mai dernier par le ministère de la Transition écologique, plus de la moitié des départements français sont concernés par le risque sécheresse pour l’été 2020. Essentiellement à l’est et dans le centre du pays. Pour onze de ces départements — dans le grand Massif central, la Haute-Saône et le Haut-Rhin —, le risque d’apparition d’un stress hydrique est même très probable. Et à en croire les experts, sur une période de dix ans, peu de régions françaises seront épargnées.

Sur la base de données — débits des rivières, recharge des nappes phréatiques, humidité des sols, précipitations ainsi que prévisions météorologiques saisonnières — recueillies au mois d’avril dernier, le ministère de la Transition écologique a publié une carte identifiant les zones à risque sécheresse en France pour cet été.

Un risque sécheresse en France exacerbé par le réchauffement climatique


Rappelons que la sécheresse peut se définir comme un épisode

de déficit en eau tel que les sols, la faune, la flore et les activités

humaines en sont affectés. On parle également de stress hydrique parce que la demande en eau dépasse alors les ressources disponibles. Et à cela, il peut y avoir plusieurs causes. D’abord, bien sûr, un déficit de précipitations. En hiver, notamment. Car c’est à cette période de l’année que les nappes phréatiques se rechargent.Le risque sécheresse peut aussi résulter d’une

surexploitation des ressources. Une question, cette fois, de politique de gestion de l’eau. Une politique dont la maîtrise peut toutefois être mise à mal par l’occurrence de canicules ou, tout simplement, par la hausse des températures et par la perturbation des régimes de précipitation en lien avec le réchauffement climatique. Selon Météo France, en effet, le risque sécheresse en France va croissant. En vingt ans — entre 1990 et 2010 —, la surface affectée dans notre pays est passée de 5 à 15 %. À l’horizon 2046-2065 et sur la base d’un scénario d’émissions de gaz à effet de serre médian, le projet Explore 2070 prévoit une diminution des débits annuels moyens des cours d’eau de 10 à 40 % — par rapport à une référence prise entre 1961 et 1990. La recharge des nappes

phréatiques pourrait, quant à elle, diminuer de 10 à 25 %.

Légende : Le projet

Explore 2070 prévoit une diminution marquée, sur la France, de la recharge des nappes phréatiques. Elle pourrait atteindre les 50 % dans le sud-ouest du pays à l’horizon 2045-2065. Le tout faisant monter le risque sécheresse en France.

Stress hydrique : un site pour s’informer


Mais il faut garder à l’esprit que cet aléa climatique qu’est la sécheresse peut être exacerbé ou atténué par les politiques de gestion de l’eau. Des solutions peuvent donc être trouvées. Elles devront être construites sur la base de données solides et si possible, accessibles en temps réel. C’est justement ce que propose le site Info Sécheresse, mis en ligne dernièrement par ImaGeau, une société du Groupe Saur spécialisée dans la gestion active des ressources en eau : suivi des précipitations et des températures, état des nappes phréatiques, débit des rivières. Un concentré d’indicateurs pour faciliter les prises de décisions.